Bien décidé à faire de mon voyage en Amérique du sud un séjour partagé entre découvertes et plaisirs, j’ai pris une seule décision qui me servira de figure de proue : rester le plus loin possible des zones touristiques et autres paradis synthétiques montés de toute pièce par des hommes d’affaires intéressés et avides. Ainsi, sac sur le dos, chaussures de randonnée aux pieds, et crème solaire appliquée, me voilà en direction de quelques paradis perdus d’Amérique du Sud.
Plutôt que de faire une organisation arbitraire de mes plus belles pérégrinations, voici un classement géographique de mes ballades, avec en point de départ le nord de la Colombie, et en point d’arrivée l’’océan Atlantique Argentin.

Colombie : Cabo de la Vella

Quel meilleur départ pour une traversée de l’Amérique du sud que la Colombie et ses plages privilégiées et presque jamais foulées du nord du pays ? Après quelques pérégrinations en taxi au départ de Ríohacha, puis une négociation amicale avec un local pour me conduire en pick-up, j’ai pu apprécier la vue d’une zone difficile d’accès mais pas moins sublime des plages de Cabo de la Vella.
C’est surtout en profitant des crustacés préparés sur place que l’on profite de la quiétude du pays. J’ai d’ailleurs pu y trouver quelques hôtels, mais au vue des températures et de la douceur de l’air, c’est en bord de plage, dans une cavité à flanc de falaise, que j’ai organisé mon premier bivouac de fortune. Et quel plaisir de se réveiller face à un océan si bleu et à l’eau si claire, qu’on croirait voir du cristal liquide sous ses yeux ?

Pérou : Huaraz

Probablement la partie la plus incroyable de mon voyage au Pérou, c’est en traversant les Andes péruviennes dans les cordillères noires et blanches de Huaraz que j’ai pu prendre certains des plus beaux clichés de mon voyage. Après quelques jours à aider un habitant et sa famille à la récolte et la gestion de la propriété, en échange d’un toit, nous avons pris place sur de belles montures aux jambes solides pour nous mener à flanc de montagne dans la plus grande chaine montagneuse de la planète. La vue y était si belle, que parfois simplement se perdre dans l’observation du paysage suffisait à nous contenter. Mon ami de fortune m’a même confié que pour lui c’était là la plus belle chose de la planète que de pouvoir se perdre en plein milieu de nulle part, avec en compagnes ces montagnes qui veilleraient toujours sur lui et ses descendants ! Un moment très fort, qui fait oublier jusqu’aux frontières et aux différences ethniques.

Bolivie : Villazón

Arrivé à mi-parcours de ma traversée sud-américaine, c’est à Villazón que j’ai décidé de vraiment me mêler à la population bolivienne. Ainsi, c’est en plein cœur des Andes que j’ai pu reprendre mes forces en profitant de nombreux plats régionaux, essentiellement à base de pomme de terre, et de patates douces. Après deux nuits à dormir dans ma chère tente, j’ai profité de l’hospitalité locale et ai dormi chez l’habitant. Une famille très modeste, dont les enfants, bien contents d’avoir un étranger sous leur toit, m’ont proposé le lendemain de me faire découvrir les environs du village. Et quels meilleurs guides que les enfants, qui en plus de leur vigueur connaissent la région comme le fond de leur poche ?

Paraguay : Paraguarí

Alors que la quasi-totalité de l’Amérique du Sud a su tirer avec le temps un grand parti du tourisme, le Paraguay lui, a conservé son humilité. Ainsi, le charme du pays est avant tout celui d’un pays qui est resté propre à lui-même, ce qui le rend si attractif !
Du coup peu d’hôtels à disposition, mais vous l’aurez compris, une nuit de plus ou de moins à la belle étoile n’était pas vraiment problématique. Du coup, après avoir installé mon bivouac aux abords du petit village de Paraguarí, j’ai pu m’adonner à des randonnées à couper le souffle, sans omettre un petit détour dans la plus ancienne gare du pays, aujourd’hui convertie en espace culturel. On ne saura qu’être transporté par le fort sentiment d’un pays ouvert sur l’avenir, dont la transition progressive en est la première preuve.

Argentine : Tigre

Arrivé dans le dernier pays de mon périple, impossible de ne pas passer par la capitale, Buenos Aires. Bien que j’ai déjà eu la chance de m’y rendre par le passé, c’est avec plaisir que j’ai retrouvé cette ville aux accents d’une culture conservée, qui a su s’accommoder à la mondialisation grandissante.
Après deux jours à lambiner dans les nombreuses rues de la capitale Argentine, je me suis décidé à finir mon séjour en beauté en prenant la direction de Tigre, à quelques trente kilomètres plus au nord. Mais pour profiter vraiment, j’ai décidé de m’enfoncer un peu plus dans le bayou de ce village posé sur l’eau. C’est le soir, en profitant d’un plat typique local, que l’on apprécie réellement la beauté des lieux, avec un coucher de soleil simplement grandiose !

Crédit photo : Kirt Edblom