Les cités perdues telles l’Atlantide, Troie, Herculanum, Pompéi et Païtiti m’ont toujours fasciné et éveillé en moi un désir de découverte et d’aventure. Après avoir visité Pompéi et Herculanum, deux cités antiques détruites et ensevelies suite à une éruption volcanique, je me suis intéressé de près aux civilisations précolombiennes de l’Amérique du Sud et plus précisément à l’empire Inca fondé au début du XIIIe siècle dans le bassin de Cuzco, l’actuel Pérou mais dont le territoire s’étendit ensuite à toute la partie occidentale de l’Amérique du sud, le long de l’océan Pacifique et de la cordillère des Andes. J’avais lu un article sur la découverte de nouvelles cités incas perdues depuis des siècles au fond de la jungle, depuis, j’étais décidé à partir sur les traces de Païtiti, le dernier refuge de la noblesse inca, là où des trésors inimaginables auraient été cachés de Francisco Pizarro et son armée de conquistadors espagnols.

La cité perdue de Païtiti, une histoire fascinante :

Lorsqu’il fut capturé par les conquistadors lors de la bataille de Cajamarca, Atahualpa, le dernier empereur inca, promet aux vainqueurs d’énormes quantités d’or en contrepartie de sa liberté. Des tonnes d’or affluèrent des quatre coins de l’empire pour sauver la vie du souverain, mais celui-ci fut malgré tout exécuté en 1533, sonnant ainsi le glas d’une magnifique civilisation qui aurait mieux fait, peut-être, de rester non découverte.

Mais l’histoire ne s’arrêta pas là pour autant, car la légende raconte que la famille royale et la noblesse inca ont pu s’échapper aux confins de la forêt amazonienne, emportant avec eux leurs trésors, dont l’objet le plus sacré de l’empire, le Punchao, un fabuleux disque en or de quatre mètres de hauteur, représentant Inti, le dieu Soleil. Ils se seraient installés à Païtiti, une immense cité inca qui se trouverait quelque part dans la forêt amazonienne péruvienne.

Situés au coeur du parc national du Manú, dans le sud-est du Pérou, dans les régions de Cusco (province de Paucartambo, district de Kosnipata) et de Madre de Dios (province de Manu, districts de Fitzcarrald et Manu),sur les rives du rio Palotoa, les pétroglyphes de Pusharo seraient les clés de l’énigme de Païtiti, selon les dernières études archéologiques. Il était donc tout à fait logique que je parte à la découverte de ce site. Mais j’étais loin d’imaginer tous les obstacles que j’allais rencontrer.

Comment accéder aux pétroglyphes de Pusharo ?

Au départ de Cusco, j’ai emprunté la route de Paucartambo afin de rejoindre la localité de Acjanaco, la partie andine du Parc National du Manu. Ensuite, j’ai traversé Pillcopata, la localité de San Pedro et le village de Patria avant d’arriver enfin au port de Atalaya, point de traversée vers l’autre rive de la rivière Alto Madre De Dios. Pour accéder aux pétroglyphes de Pusharo, j’ai dû faire un détour par la rivière Palotoa qui se situe non loin de la communauté de Shintuya. C’est une zone extrêmement isolée et merveilleusement bien préservée. La forêt est très dense et difficile d’accès. Et que dire de la biodiversité sauf qu’elle est d’une impressionnante richesse !

La route est mauvaise, voire dangereuse par endroits. Les glissements de terrain ne sont pas rares, aussi, il faut rester vigilant, notamment lorsqu’il pleut. Heureusement, mon guide était très expérimenté et habitué à ce genre de situations.

Mais une fois arrivé sur le site, j’ai oublié tous les tracas de la route, car le spectacle est majestueux. Ce site est d’ailleurs unique en son genre dans tout le Pérou. De nombreuses figures sont gravées sur une falaise. Certains archéologues supposent qu’il s’agit d’une carte géographique codée qui, une fois déchiffrée, peut mener à Païtiti, la cité secrète des incas, ou l’Eldorado, selon l’appellation hispanique.Rien que pour ça, j’étais heureux d’avoir fait tout ce trajet.

 

Crédit photo : Turismo Inkaiko SRL