Lors de mon dernier séjour en Patagonie, j’ai pris la direction du Chili, et plus précisément la région des Lacs, au sud-ouest du pays. Décidé à explorer ces contrées afin d’en apprendre plus sur cette région de la planète découverte par les européens il y a à peine 500 ans, c’est sur l’archipel de Chiloé que mon voyage m’a mené. Une région du monde unique, colorée, à l’architecture hors du commun. Récit de mon incroyable voyage au Chili.

Chiloé : un archipel, une culture

Alors que l’on pourrait penser que Chiloé n’est qu’une île parmi tant d’autres, on constate notre erreur lorsque l’on apprend que la Grande Chiloé (La Isla Grande de Chiloé), est en réalité la cinquième plus grande île d’Amérique du Sud, et la seconde du Chili derrière la grande Île de la Terre de feu, à la pointe australe des Amériques. Plus qu’une Île, Chiloé est un archipel, et compte une île principale, autour de laquelle une trentaine de petites îles gravitent. Inhabitées pour la plus part, ces îles sont les lieux d’une nature prospère, riche à la faune et à la flore uniques, comme le démontrent le renard de Darwin, au pelage noir et duveteux, que j’ai eu l’occasion d’observer au gré d’une visite guidée, ou encore la sphaigne du Chili (mousse utilisée pour des compositions florales).

L’intérêt de la charmante Castro réside dans ses ruelles animées, ses plats de fruits de mer et ses boutiques d’artisanat. Près une journée entière à faire le touriste, j’ai succombé au paysage offert par les palafitos colorés, le long de la côte, en sirotant un mote con huesillo rafraîchissant. Lorsque la marée monte, ces maisons recouvertes de tuiles en bois semblent flotter nonchalamment. Le mirador du pont Gamboa offre une vue imprenable sur ce joyeux barnum. Les bâtisses, toutes peintes de couleurs vives, créent une impression de peinture pointilliste au fur et à mesure que l’on s’approche de l’île sur l’un des ferries qui relient l’île au continent.

Farniente et flâneries en Patagonie

En dehors de quelques constructions qui ont résisté aux sévices du temps, la très grande majorité des édifices architecturaux chilotes sont faits de bois.  Avec seize édifices encore en place, les églises chilotes sont en bois, et toutes uniques. Fusion d’un style d’architecture cléricale jésuite et des travaux chilotes, ces églises sont toutes classées au patrimoine mondial de l’Unesco, et garantissent des clichés mémorables aux visiteurs curieux. Avant la christianisation de cette région, Chiloé détenait ses propres croyances et divinités, tenant une relation privilégiée avec les éléments, dont l’océan et les montagnes. Ces traditions ancestrales continuent de rythmer le quotidien des habitants. L’église San Francisco de Castro sera un temps fort de mon périple, avec sa façade orangée et ses clochers imposants qui dominent la place principale de la ville. Par un matin ensoleillé, j’ai osé l’embarcation pittoresque, autour des îles alentours, en charmante compagnie. Bercé par le son de la mer et les cloches des églises, je me suis retrouvé à passer la nuit chez une famille locale, dans un charmant palafito, avec vue imprenable sur les fjords. Magique !

 

Crédit photo : Christian Córdova