De l’incroyable héritage des Mayas au Mexique au syncrétisme culturel du Pérou, en passant par les plages mythiques de Copacabana et les joutes sauvages au cœur de la forêt amazonienne, les périples sud-américains sont l’occasion de plonger tête la première dans un univers curieux, baigné par des civilisations antiques à l’influence persistante qui contrastent avec un mode de vie complètement occidentalisé. Après notre périple costaricien, entre eaux turquoise et volcans brûlants, nous prîmes la résolution de prolonger notre séjour en entamant une escapade Sud-Américaine à partir de l’Equateur, que nous visitons pour la première fois. Nous atterrîmes à l’Aeropuerto Mariscal Sucre de Quito après un vol de deux heures en provenance de San José, pendant lequel nous avons jeté notre dévolu sur le Parque Nacional Cajas comme destination phare de notre incursion au pays du Chimborazo…

Escale dépaysante à Quito

Notre contact francophone nous accueille à l’aéroport, parapluie à la main. Il pleut à Quito. Plutôt que de courir pour tout voir, nous avons revu nos ambitions à la baisse en réduisant notre Wish-List pour nous concentrer sur les incontournables. Après un check-in rapide dans un célèbre hôtel au centre, à deux pas du quartier branché de la ville, nous avons déambulé en diagonale dans les allées du fameux marché du Samedi, profitant d’une accalmie de climat pour faire nos emplettes d’artefacts artisanaux et autres curiosités locales, dont le Panama et les ponchos sont les pièces les plus emblématiques. Au Nord, à quelque 80 kilomètres de Quito, la cité artisanale de Cotacachi nous a étonnés par ses acquis socio-environnementaux. Comme le rappellent les différentes pancartes disposées un peu partout, la ville a été la première en Amérique Latine à bénéficier du label « réserve naturelle », avant de voir l’UNESCO lui décerner une médaille pour avoir entièrement endigué le fléau de l’analphabétisme. Réputées pour leur cuir authentique et bon marché, ainsi que par l’enthousiasme contagieux de leurs vendeurs, les boutiques et les échoppes de Cotacachi sont délicieusement dépaysantes ! Après une pause bienvenue dans un bar du coin, histoire de siroter notre premier Canelazo, sorte de punch tiède à base de cannelle, nous prîmes le chemin du retour pour profiter d’une bonne nuit de sommeil avant le départ pour Cuenca.

Traversée spectaculaire du parc national de Cajas

Le vol Quito-Cuenca aura duré un peu moins d’une heure, le temps de prendre un chocolat chaud particulièrement bon, accompagné de Quimbolitos soigneusement présentés. Un taxi nous emmènera au Parc de Cajas, à quelque 30 kilomètres de la ville sur la route de Miguir : Changement complet de décor. Des marchés touristiques bondés de Quito, nous sommes passés à une petite forêt enchantée, où trolls, centaures et autres créatures folkloriques ne feraient pas tache ! Un constat à peine exagéré au vu des pouvoirs surnaturels que certains locaux prêtent à l’endroit. En effet, il n’est pas rare d’apercevoir des voyageurs venus des quatre coins de la planète, implorer les miracles de la Virgen del Cajas. Une fois n’est pas coutume, le parc se parcourt en petites foulées, puisqu’il ne s’agit pas d’une ascension, mais bien d’une balade reposante, entre lacs rafraîchissants et flore typique. Nous avons aperçus des dizaines d’espèces d’oiseaux, dont nous n’avons reconnu que les illustres mouettes des Andes, et peut-être des condors. Perdu dans les brumes du Paramo, Cajas n’est pas un simple parc que l’on traverse, c’est une véritable remontée aux sources de l’ère glaciaire, hors des sentiers battus, dans un environnement intact, austère par moment, sans être hostile. La Toundra, boueuse par endroit, complique quelque peu la progression, ce qui nous convainc de passer la nuit sur le rivage du lac dans un camp rustique, à quelques minutes de marche du refuge…

 

Crédit photo : amalavida.tv