« La nuit, vous voyez une ville, car vous n’apercevez que les lumières. Le jour, Seattle révèle sa nature. Les arbres deviennent plus nombreux que les maisons. Vous ne pouvez plus vous prononcer. Est-ce une ville, une banlieue, une forêt ? Seattle, c’est tout ça en même temps », Jonathan Raban. Amen. Qui de mieux pour vanter les charmes insoupçonnés de l’émeraude de la côte pacifique Américaine qu’un écrivain Anglais du Hemton à Norfolk ? Bill Gates peut-être, natif des quartiers ouest de la ville ? Eddie Vedder, Jimi Hendrix, un peu plus Rock’n’roll ? Ou Kurt Cobain, l’empereur incontesté du Grunge à la sauce pacifique ? Seattle a atteint son Nirvana en 1991 et semble batifoler sur l’immense baie qui borde la côte sauvage battue par la houle au rythme quaternaire d’un « Smells Like Teen Spirit » hors du temps. Un jour à Seattle. Un jour de pèlerinage dans la cité où tout a continué…

Emerald City ou la Manhattan de la côte Ouest

Un Donut de chez Top Pot, sur la 5ème avenue, en pleine terrasse. Immeubles en briques rouges, escaliers de secours à l’Américaine, ruelles orientées selon les rives de la baie, Seattle a du caractère, et ça se voit. Mon agence de voyage USA ne m’a pas menti ! J’attends tranquillement mon burger au fameux Red Mill de la Dravus Street lorsque j’aperçois un petit groupe de supporters des Mariners de Seattle arborer fièrement des Jersey floqués  Griffey, n°24. Avant d’être le berceau du grunge, Seattle est avant tout une ville de Baseball. Il fait bon déambuler dans les ruelles ensoleillées, aux jonctions inhabituelles. L’ambiance Sweat à capuches, skateboard et casquette de travers rappelle étrangement les nineties, on se croirait dans un clip de Pearl Jam ! « Sub Pop ? C’est à un mille d’ici, vous pouvez y aller à pieds », me répond un jeune rastafari aux forts accents caribéens. Adresse en poche, j’arpente les ruelles en direction des locaux du légendaire label Grunge, étendard des Powerchords de Nirvana, des mélopées en staccato de Chris Cornell, du groove hybride des Pearl Jam et des saillies distordues des Mudhoney. C’est ici que Seattle est la plus Grungy, la plus fuzzy.

Come as you are : l’itinéraire du Grunge

Parce que Seattle est à mille lieux des « musical meccas » que sont L.A ou New York, la scène underground a fait ce que bon lui semble, loin des influences Dance Fluo ou Techno Fushia. 21 ans après la mort de son porte drapeau, le Grunge imprègne encore aujourd’hui le lifestyle de la belle Seattle. Top 5 des « must visit » :

  • Experience Music Project (EMP): Une atmosphère rebelle, subversive… Ici, on expose sur du Jimmy Hendrix, on érige une allée entière dédiée aux femmes du Rock, et on analyse les aboutissants géo-sociologiques du Grunge et de la musique alternative. Reliques, photos vintage et bootlegs rythmeront votre visite.
  • Le Memorial « Kurt Cobain »: Viretta Park, quartier huppé de la ville, est le mausolée officieux de la figure emblématique du mouvement Grunge. Un simple petit parc minimaliste qui sied finalement à la philosophie low-fi de Nirvana.
  • The Showbox at the Market : priorité au Live. A deux pas du Pike Place Market, cette petite salle de concert accueille la scène Grunge pour des performances mémorables.
  • London Bridge : ce studio d’enregistrement a façonné l’histoire du Grunge en produisant Pearl Jam, Alice in Chains, Soundgarden… Vous aurez droit à une visite guidée, de l’overdub « suites » au lounge en passant par le livre d’or.
  • Sub Pop Records: Le logo Sub Pop peint sur le côté de l’édifice ravivera les souvenirs de la génération cassette…

 

Crédit photo: howardignatius