Porte-étendard sacré de la culture Sabanero, capitale rurale ensoleillée de l’Historique Guanacaste, contrée des manguiers et autres magnolias, la belle Liberia s’érige en Colisée ovoïde grandeur nature, théâtre des « muneras » romaines entre la pureté des eaux de Conchal et la chaleur du volcan Rincon de la Vieja… En mêlant la connotation « farniente » des Caraïbes aux péripéties aventureuses des cratères explosifs, la « Ciudad Blanca » intègre, dès sa fondation à la fin du 18ème siècle, le club privé des « villes-carte postale », et offre à des touristes encore peu nombreux ce que la nature a de meilleur à offrir : une biodiversité (encore) préservée. Alors que l’été costaricien se plaisait à peindre les allures savaneuses de l’arrière-pays, nous atterrîmes au Liberia Airport, hub du tourisme au Costa Rica

Une cité au charme postcolonial

Un léger détour par le centre ville permet de rendre compte du patronyme de la Ciudad Blanca. Les maisons anciennes construites en adobe, préparation locale de terre argileuse teintée de paille, arborent des murs chaulés traversés par des routes sinueuses de terre blanche, conférant à la cité un charme postcolonial. Bien que profondément « hispanique », Libéria nous a surpris par ses relents de cité anglo-saxonne. D’ailleurs, comme nous l’a confié le gérant français d’un restaurant du centre ville, on se sent plus en Amérique du Nord qu’en Amérique Centrale, et l’Anglais domine étonnamment l’espagnol. La propreté des rues, la signalisation et l’effort architectural traduisent explicitement la volonté gouvernementale de faire du tourisme le catalyseur tant attendu de l’économie Guanacasteca, aux dépens de l’élevage de bovins pratiqué dans les nombreuses haciendas de la région. Manger local à Liberia requiert de la patience, tant la tendance est aux burgers, sandwichs et pizzas. La Mesa de Monique Y Andre,  est, nous a-t-on dit, l’une des meilleurs tables du coin. Nous en ferons l’agréable expérience : des fleurs sauvages d’hibiscus farcies, une crème brulée de gorgonzola, un magret de canard aux 7 épices et un nougat fruité… Un vrai régal ! Voilà qui augure une bonne nuit de sommeil, à la veille du périple olympique !

L’eau, la terre et le feu

« Les plages de l’ouest du Costa Rica n’ont de pareil qu’au paradis ». L’assertion de notre chauffeur nous met l’eau à la bouche. En bifurquant par Matapalo, via la route de gravier qui mène à l’extrémité sud de la côte, c’est un vrai petit bout de paradis qui s’offre à nos yeux ébahis : une étendue de sable blanc jonchée de coquillages, d’algues, d’hérons et de petits bassins à marrée basse pour les moins téméraires ! La température modérée des eaux turquoises est une invitation à la baignade, et la transparence des profondeurs vous fera redécouvrir le tuba ! Ce sera notre coup de cœur « maritime », devant les dunes majestueuses de la Playa Grande et la végétation luxuriante de Flamingo. Notre dernier jour à Liberia sera consacré à la facette enflammée de la cité blanche, et marquera par la même occasion mes premières incursions volcaniques… un rêve d’enfant ! À une heure de l’aéroport se dresse l’impressionnant Rincon de la Vieja qui domine le grand Parc National, actif et ouvert à l’exploration, dans la cordillère de Guanacaste.Du haut de ses 1895 m, le « coin de la vieille » récompense les escaladeurs de cratères intrépides par des sources chaudes de bien-être, et des étendues où pousse la GuariaMorada, l’orchidée qui symbolise le pays. Caliente !

Crédit photo : Didier Baertschiger | Flickr