Marcher avec des ours polaires au Canada… Cette assertion n’a rien de figuré, d’imagé ou d’abstrait. Elle est en fait parfaitement littérale.  Lorsque je reçus de mes amis Québécois ce panorama virtuel irréel mettant en exergue l’incroyable beauté de l’arctique Canadien, je décidai sans hésitation aucune de répondre par l’affirmative à ce Safari du Nord. En foulant le sol glacé de Churchill, qui prend des airs de ville fantôme au bord de la baie Hudson, je concrétisai un projet de voyage poussiéreux qui n’a que trop traîné dans les cartons. Orignaux, ours polaires et Toundra marqueront d’une empreinte indélébile ma mémoire d’aventurier du dimanche. Récit d’un périple chaleureux au cœur du froid arctique lors de mon dernier voyage canada !

Winnipeg, l’escale franco-asiatique !

Lorsque l’on envisage de voyager au Canada, la ville de Churchill ne s’impose pas d’elle-même, et ne jouit pas du « capital séduction » de Toronto ou Montréal. A l’embouchure de la rivière éponyme, là où la taïga passe le relai à la toundra, celle que l’on surnomme « capitale mondiale de l’ours polaire » affiche des ruelles désertes toutes de blanc vêtues, ponctuées d’éminentes épinettes noires. Tour à tour occupée par les proto-inuit, les Denes puis les Chipewyan, la ville accusa un déclin démographique prononcé dès lors que le commerce de la fourrure était entré en hibernation, si bien que la ville du Manitoba stagne aujourd’hui à moins de 815 habitants. Nous avons atterri à l’aéroport James Armstrong Richardson de Winnipeg en provenance de Montréal, après un vol d’un peu moins de trois heures. Après un checking rapide dans un célèbre hôtel du centre ville, nous avons déambulé en diagonale sur  l’avenue Corydon qui affiche des allures de petite Italie… La diversité ethnique de la ville rappelle San Fran’… Si la restauration asiatique domine Sargent-Ellice, c’est la gastronomie franco-canadienne qui mène le jeu à Sainte-Boniface. Le lendemain matin, nous étions à deux doigts de rater le vol vers Churchill, suite à un malencontreux pépin de transport.

Le Safari du Nord

Les plus belles destinations se méritent, et le Churchill Wild ne déroge pas à la règle.  Après un vol d’une heure trente, nous embarquons dans un hydravion qui nous déposera, quelques minutes plus tard, dans une confortable auberge écologique, après une mise en bouche panoramique du paysage arctique. Le changement de décor est radical. Dans une démarche pataude et nonchalante, les ours polaires paradent paresseusement au milieu d’une flore sauvage inhabituelle, dominée par les baies de la toundra. Des hordes de caribous vaquent à leurs occupations sous le hurlement des loups, au loin. Il se murmure que des baleines blanches nagent dans les eaux claires de la Baie Hudson, elles ne nous rendront malheureusement pas visite, mais renards, oiseaux curieux et orignaux du Canada daigneront poser devant nos objectifs. Notre incursion arctique nous réservait encore une dernière surprise. Alors que nous étions confortablement installés autour d’un feu, à déguster une tourte d’oie aux canneberges, une aurore boréale, aussi belle que soudaine, plongea l’endroit dans un barnum coloré indescriptible…

 

Crédit photo : Valerie