« The Thrill is Gone, but your legacy lives on! » C’est ce qu’ont scandé en boucle les milliers de fans venus rendre un dernier hommage à celui qui, par son doigté magique et le phrasé si particulier de son Mississippi natal, aura ému aux larmes des générations de mélomanes au rythme « 24 bars » d’un blues écorché vif. B.B King endeuillera ses fans, ses pairs mais aussi sa célébrissime Gibson Hollowbody, affectueusement surnommée Lucille. Elle séjournera désormais au B.B King Museum dédié à la mémoire de son illustre « maître » à l’Indianola, qui s’impose d’ores et déjà comme un Checkpoint incontournable pour les touristes du monde entier. Vivre au 21ème siècle, c’est aussi s’accommoder à voir tous les grands partir…Le Roi est mort, vive le Roi !

 

Le Blues en personne

En propulsant les mélodies agoniques des ouvriers infortunés à des hauteurs stratosphériques jamais égalées, le King a irréversiblement arrêté les nouvelles règles du jeu de la musique afro-américaine et fera de son Blues chéri l’incubateur majeur du Modern Jazz à la sauce Nouvelle-Orléans et du Rock’n’roll à la Ray Vaughan. Des plantations de coton du Delta du Mississipi au prestigieux Hall of Fame de Cleaveland, en passant par les mythiques dance Hall de l’Arkansas, B.B aura su maintenir cette humilité si authentique, contrastant avec le m’as-tu-vu typique du Glam Rock et du Star système de l’époque, et canalisera toute la douleur de sa communauté en un florilège de solos minimalistes poignants. Son impact culturel dépasse largement les classements Billboard ou les Master Class dédiés au Blues, si bien que le Live au Regal Theater de Chicago figure au registre national des enregistrements de la bibliothèque du congrès à Washington, accessible au grand public pour des visites guidées mémorables…

Sur les pas du King

« Le Blues a perdu son Roi et l’Amérique une légende. Perpétuons son héritage ! ». Le souhait de Mister Obama en personne n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, et pour cause. L’été 2015 sera Blues-friendly ou ne sera pas ! Les Tributes posthumes et les clins d’œil rythmeront les principaux festivals de la saison, et les blues-bars de Jackson, Chicago et Nashville taperont du pied au 86 bpm langoureux de l’anthologique The Thrill is Gone. Top 3 des « places to be » cet été pour prendre part à la célébration :

  • Chicago Blues fest’: un rendez-vous gratuit incontournable au bord du lac de Michigan. Buddy Guy, Willie Dixon et Zora Young enflammeront la scène du Grant Park à coups de Twelve Bar Blues inspirés du King ;

 

  • B King Museum & Delta Interpretive Center: niché au fin fond du Mississippi, à l’Indianola, le BB King Museum vous plongera littéralement dans l’œuvre de l’ambassadeur de la philosophie Blues ;

 

  • B King Blues Club & Grill: Priorité au Live! Les meilleures formations underground de la région rythmeront des soirées barbecues mémorables à l’antre même du King, au quartier des affaires de Midtown, Manhattan.